Accueil

Flame des flags end world cycle tour

Embarquement immédiat pour « La grande Traversée »

A (31)

Boucler un tour du monde à vélo, l’expérience avait avorté en juillet 2014 après un périple à travers la Corée du Sud et le Japon. Le mauvais œil l’emportait cette fois et, à Anchorage, pour la première fois au cours d’un voyage, je devais rebrousser chemin , atteint par une demi-cécité glaucomesque.

Mais mon rêve conservait la vision tenace des espaces à venir : La nature sauvage de l’Alaska, les prairies nourricières du centre Canada, les petites mers intérieures des grands lacs, les villes debout, plantées d’immeubles en verre qui se nourrissent de la vie à leurs pieds et enfin, la gigantesque gueule du Saint Laurent, estuaire moitié mer, moitié rivière où se prélassent baleines et bélougas. Comme dans une ronde infernale, ces cartes postales tourbillonnaient inlassablement dans ma tête.

Cette fois, pas de route mythique, pas d’océan, pas de règle, pas de guide. Juste un immense coup de crayon à tracer entre l’ouest nord-américain et l’Est canadien.

Bien sûr, quelques points posés ici ou là, baliseront des rendez-vous furtifs avec des amis inconnus : Anchorage avec Cynthia qui m’y accueillera en provenance de deux jours de villégiature chez mon ami Michel à Chicago. Gérard, triathlète en rémission que je croiserai infailliblement en Colombie Britannique au hasard de l’unique route qu’il remonte comme un saumon jusqu’à mon point de départ. Banff, porte des Rocheuses, théâtre de poudreuse immaculée que Francis découpe chaque hiver de la trace parallèle de ses skis. Ponteix, petit village « Auvergnois » du centre, blotti près de la frontière, fondé en 1907 par l’abbé Royer curé d’Aydat. Au loin, très loin, les bruyantes chutes du Niagara, goulet d’étranglement entre les lacs Érié et Ontario. L’arrivée enfin à Montréal, chez Mireille, marcheuse rencontrée par ma sœur Brigitte sur le chemin de Compostelle. Puis Gaspé, terme du voyage qui agonisera lentement le long de la route côtière du Saint Laurent, face à Terre-Neuve et son appendice Saint Pierre et Miquelon clés de l’Atlantique Nord.

Cette route imaginaire qui relie l’océan Pacifique à l’Atlantique, je vais m’y embarquer accompagné de Milou ma fidèle remorque comme on prend un bateau vers des mers inconnues. Elle suivra la trace des pétroglyphes des premiers amérindiens, jusqu’à l’Amérique contemporaine et ses contradictions. Je l’ai nommée « La Grande Traversée ». C’est elle que je partagerai avec vous si vous acceptez de vous embarquer avec moi. Alors prêts ?…que vive l’aventure !

Route de la grande traversée Ponteix Canada