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Août-2016

De la mer aux montagnes de la Colombie Britannique

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Le ferry quitte Skagway et fend une mer d’huile le long du chenal de Lynn. Le terminal de Juneau est à 22km du centre ville. Aussi, je passe la nuit dans le camping en self service de la forêt Tongass, au bord de la baie d’Auke, précisément là où vivaient les premiers « Tilgit » qui peuplaient il y a 5000 ans cette partie de l’Alaska. Les ours noirs sont nombreux dans cette partie du territoire et ma nuit est agitée. Dans la matinée, je me rends au pied du glacier de Mendenhall qui surplombe la ville. Le fleuve de glace aux belles nuances de bleu plonge dans le lac. C’est une manne touristique pour la ville et de nombreux paquebots de croisière y font escale. Juneau a été fondée par les chercheurs d’or. D’abord comme site minier, 800 mille tonnes d’or y ont été extraites, puis comme étape vers le nord Alaska. Aujourd’hui, c’est une des rares ville de 33000 habitants sans connexion avec un réseau routier. Elle n’est en effet reliée que par voie maritime et désormais un aéroport. Ce handicap, elle le transforme en atout exceptionnel. On ne trouve nulle part ailleurs un environnement aussi préservé qu’à Juneau. J’ai ainsi pu assister au spectacle magnifique et triste à la fois de la remontée de rivières par des centaines de saumons, venant perpétuer le cycle de la vie après un parcours de plus de 3000km depuis la mer de Béring. Attaqués par de voraces goélands et une concentration d’aigles pygargues, les cadavres du festin parsemaient le chenal de Gastineau qui conduit au port.

Je quitte Juneau pour une traversée de l’archipel d’Alexander jusqu’à Prince Rupert. Le ferry se glisse de nuit entre un chapelet d’îles et fait escale dans les ports de pêche de Petersburg, Wrangell et Ketchikan. L’aube se lève sur la masse noire de dizaines de baleines Humpblak qui soufflent en surface sur le miroir d’une mer étale. Au loin, une bande de dauphins remonte la côte comme des flèches d’argent en bordure du chenal. L’Alaska demeure, pour le bien de l’humanité, cette réserve mondiale indispensable aux espèces marines.

C’est par un épais brouillard que je débarque à Prince Rupert. C’est ici que démarre la deuxième partie de mon voyage. Cap sur les montagnes de la Colombie Britannique. J’ai des fourmis dans les roues. Je vais être bien servi avec une entame de parcours vent arrière. Pour un cycliste avec des bagages cela signifie 25km/h ou lieu de 15! La route épouse les courbes de la Skeena river. Le paysage est grandiose. D’abord un fleuve large, puissant mais tranquille, vert translucide, avec de beaux méandres, des bancs de sable et de graviers où des dizaines de pêcheurs sont postés. Ensuite une vallée alpine encaissée, les « Hazeltone mountains », dont les pics, revêtus de glace, sont boisés de hauts sapins. La ville de Terrace revendique la filière industrielle du bois. Je partage d’ailleurs au quotidien ma route avec un ballet de camions, chargés de troncs. Ils sont devenus les compagnons d’un danger permanent.

Mais bientôt ce paysage de montagne fait place au plateau intérieur agricole ou de jolies fermes sèment dans les prés, forêts ou petits lacs une note de couleur vive. A Moricetown, j’ai la surprise d’assister dans les gorges de la « Bulkley river », affluent de la Skeena, à la capture et au marquage de saumons en présence des agents de l’environnement. Le saumon ici est plus qu’une source de revenu, c’est une vraie culture dont le Canada surveille le cycle de vie.

Pour ma part, je file vers Prince Georges, mais c’est une autre histoire…

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