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Août-2016

La fin du périple de Pierre Robin

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Au sec’ours! L’image des grizzlis n’est pas seulement utilisée pour attirer le touriste. Un ours c’est à la fois sympa et dangereux. La protection passive entretien le mythe. Mais si l’on annonce en même temps la présence de trois grizzlis à Lake Louise on est dans le concret. Les sirènes se mettent à hurler, les gardes forestiers à barrer des chemins et on comprend pourquoi les routes du village sont protégées par des fosses à rouleaux. En fait cette alerte est révélatrice de toute une protection invisible mais réelle. Les ours sont localisés par des puces et leur progression est suivie. Dès qu’ils deviennent pressants les spécialistes prennent les commandes, d’autant que les expériences démontrent que les grizzlis sont très attachés à leurs territoires.

Après un bref ravitaillement je quitte Lake Louise et son flot de touristes asiatiques par la vieille route de la vallée de la Bow qui descend sur Banff. Ce petit chemin qui sent la noisette pourrait ressembler lorsqu’il vagabonde au bord de la falaise à une route des Cévennes. On s’y sent bien, la forêt, vous invite à profiter de l’instant sous ses pins. Mais un panneau posé au bord de la route m’interpelle et me ramène instantanément en 1915. Ici, sous les frondaisons, un 14 juillet, 60 malheureux débarquent d’un train de la Canadienne Pacifique. La première opération d’internement de prisonniers vient de débuter. Après la déclaration de guerre à l’Allemagne, le Canada qui compte plus d’un demi-million d’immigrés des pays ligués, organise des opérations administratives de contrôle, internant les personnes en situation irrégulière ainsi que ceux qui tentent de s’y soustraire. Ainsi de 1915 à 1917 plus de 600 hommes, dans des conditions climatiques et de travail forcé durement encadré, bâtiront les routes et des ponts que j’emprunte maintenant. C’est au total 8579 hommes non combattants mais considérés comme prisonniers de guerre qui seront internés dans 24 camps.

Je rejoins Banff en 3 heures. Station de ski l’hiver, ville Olympique en 1988, elle est également agréable à vivre l’été. Ce petit Megève Canadien possède un charme fou avec ses étangs de Vermilion, nés des méandres de la Bow sur l’arrivée de Lake Louise, son camping sur les hauteurs de Tunnel Mountain, ses chalets en bois, ses nombreux services d’hostellerie et ses rues fleuries sont accueillantes. L’ambiance est familiale à cette époque de l’année et le cadre de vie entre la Vallée de la Bow et les pics acérés est tout simplement magnifique.

Je profite de cette halte pour récupérer et c’est bien reposé que je reprends une route vélo pour Canmore puis Calgary. De nombreux sportifs la fréquentent. On y croise des clubs de skis à roulettes venus préparer leur saison, des vélos ou des marcheurs. Un arrêt chez un marchand de cycles me permet de régler gracieusement ma mécanique roulante comme une montre Suisse. En remerciement je promets de faire un détour par Gravelbourg un village proche de Ponteix pour saluer le reste de la famille. L’ancienne route vers Calgary que je prends maintenant ressemble dans sa première partie à une route du Périgord, puis prend les allures cantaliennes du plateau d’Allanche. Je me souviendrai longtemps de la traversée de Calgary. Emporté par la pente, soufflé par un vent favorable, je vais dévaler la Highway1 puis la 16ème avenue à un train d’enfer, prenant les bifurcations comme une moto sur l’autoroute!

Cette incroyable traversée me lance sur la grande plaine canadienne à perte de vue, mais c’est une autre histoire…

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