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11
Sep-2016

Le vent de l’histoire

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Je quitte la Highway1 à Gull Lake, pour rejoindre à 120km au sud la route13 et le village de

Ponteix. Après que les Sioux de Sitting Bull se soient sédentarisés en 1881 et que les fameuses « vestes rouges » de la police montée dont l’histoire est indissociable aient sécurisé cette région, un chapelet de villages est venu peupler la grande prairie. La construction du chemin de fer, l’octroi par la loi de terres agricoles aux immigrants et les efforts du clergé dans ce qu’il faut bien appeler une colonisation -le terme est historique- ont favorisé l’installation de pionniers catholiques de langue française.

Les flèches de métal de l’église en briques rouges élevée en 1930, la première avait brûlé en 1917, réfléchissent au loin la lumière de l’été. Pas de doute, « Notre dame d’Auvergne, bilingual », comme le rappelle son panneau d’information, a les dimensions d’une cathédrale dont elle est l’ambassadrice. Mais c’est un plésiosaure, appelé familièrement « Mo », dont le fossile fut découvert en 1993 dans les marais de la rivière Notukeu qui m’invite à monter vers le village situé à 2km sur une petite colline. Cette importante découverte permet à Ponteix de figurer sur les circuits touristiques du Saskatchewan.

En rejoignant les lieux, je pensais à l’arrivée des Auvergnats de Ponteix, commune d’Aydat emmenés par l’abbé Albert Marie Royer qui découvraient il y a 100 ans ce qu’allait devenir leur vie. Tout respire ici la tranquillité d’une vie rurale bien ordonnée. Si sur la « Main street » plusieurs immeubles d’époque alignent encore leurs façades grand ouest, une urbanisation rurale moderne conduit tout droit, passé la ligne de chemin de fer, au parc équipé d’une piscine et d’un terrain de camping où je passerai la nuit. Un village simple, à l’image de son maire Shawn Larochelle qui m’accueille amicalement en compagnie de son conseil municipal et de l’administratrice Lynne Lemieux. Shawn n’est autre que le petit fils de Fernand Larochelle, premier maire historique de Ponteix. Après un échange rituel, je délivre le message d’amitié que m’avait confié Roger Lepetit, maire d’Aydat. Je dîne local au Splitters tenu par Gisèle St Cyr. Elle me confit avoir visité Clermont avec les sœurs du couvent. Sur son conseil je leur rendrai une visite de courtoisie le lendemain matin. Sœur Marie Paul Béliveau et sœur Simone Desharnois, me reçoivent avec attention. J’apprends que l’hôpital Gabriel qui jouxte le couvent a été construit en 1917 avec l’argent d’une donation de la famille Michelin pour faire front à l’épidémie de grippe espagnole qui décima les populations. Cet édifice a désormais une activité de résidence. De même, les sœurs n’accueillent plus de pensionnaires dans les écoles du couvent. Cette organisation, qui confortait la population autour des chrétiens immigrés, n’existe plus, place à l’école publique.

La société Canadienne pluri-culturelle intègre peu à peu dans son vaste territoire, non sans de fortes résistances, mais inéluctablement dans une seule nation anglophone, la mosaïque des peuples qui la compose. Au delà de la langue, c’est le choix du mode de vie nord Américain. Le vent de l’histoire est ainsi. Il m’emporte à nouveau à toute vitesse vers la Highway1 à Branton, Portage La Prairie, puis Winnipeg où je prends un train pour me rendre directement à Toronto. J’achève ainsi ce parcours de la grande plaine en totalisant 6000km au compteur. Les grands lacs et « la belle province » du Quebec m’attendent, mais c’est une autre histoire…

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