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19
Sep-2016

Le lac Ontario, plus qu’une mer intérieure

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Pour résumer en une image le lac Ontario, je mixerais un peu du lac Léman avec le bassin d’Arcachon en étirant le tout 32 fois. Si je rejoins aisément la route vélo et les rives ombragées du lac depuis la gare, je suis surpris par l’urbanisme de Toronto dont la métropole se répand sur le bord nord ouest du lac. Ici la signalisation est conçue pour les voitures. En vélo, tu cherches. Tu roules dans la direction, tu consultes ta carte, tu demandes trois fois ta route pour ne pas commettre d’erreur. Je vais comme ça, osciller entre les numéros des voies et l’identité des lieux pour finalement trouver le camping de Bronte, dans la ville, 60 km plus loin. J’y passerai la nuit. Aller à Niagara, est plus aisé. La ville frontière est située au confluent des lacs Ontario et Erié. Il me suffit de ne pas perdre de vue les eaux du lac. Pour ça, je vais suivre la signalétique de la route…des vins! Les rives ouest du lac, plissées en coteaux sont favorables à la culture de la vigne et des arbres fruitiers. Merlot et Gamay font le bonheur de petits propriétaires récoltants signalés par de belles enseignes stylées vieille Angleterre. Les routes sont celles d’une campagne « très chic ». Les villas sont cossues voire luxueuses. Elles sont bâties sur de vastes pelouses agrémentées de plantations arborées avec goût. Ma route est chaloupée et passe d’un versant à l’autre sous un beau soleil et 24º pour rejoindre au final un long belvédère qui regroupe tous les accès à Niagara et à la frontière. A spot mondial il faut associer tourisme de masse international et tout ce qui va avec: hôtels démesurés, parc d’attraction, commerces en tout genre. Le lieu reste cependant spectaculaire, familial et bon enfant. Je choisirai d’aller à Montréal par le côté américain du lac sur une petite route côtière campagnarde de l’Etat de NewYork hors des grandes agglomérations.

Les villages et les cultures céréalières, développés par des immigrants fermiers écossais dans les années 1800 sur ce bord sud comme à Chippewas Bay intéressaient les Anglais qui avaient conquis le Québec en 1759 et avaient la suprématie maritime du lac. Wilkinson tente en vain des offensives en 1812 et 1813. Les américains repoussèrent l’Anglais envahisseur aux termes de bagarres épiques, aidés par les indiens Hurons qui connaissaient le moindre pouce des marécages. Sur chaque lieux des panneaux nous informent dans le détail de ces affrontements. Pour l’heure, le lac est particulièrement plaisant de ce côté, avec de nombreuses plages de sable fin, une eau douce délicieusement fraîche, de vastes campings familiaux désertés en fin de saison, des petits ports de pêche ou marinas de plaisance implantés dans un relief de roche en grès rose. Je repasse la frontière en traversant le Saint Laurent à Ogdensburg pour rejoindre le pays des « Thousand Islands », que les Iroquois, peuple natif, surnommaient « le jardin du grand esprit ». Le pont inauguré en 1938 par le président Franklin Roosevelt étant interdit aux vélos, je charge mon attirail dans un pic-up d’aimable circonstance. Un peu plus loin, je retrouve Henri et Suzanne, Habitant d’Ottawa en Ontario, que j’avais rencontré 4000km en amont dans un camping de la Colombie Britannique et qui rentrent chez eux.

La route est ainsi, elle vous ballotte de rencontre en rencontre et vous renvoie au gré du hasard ou de l’envie aux amitiés naissantes. J’approche sous l’orage des faubourgs de Montréal, mais c’est une autre histoire…

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