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26
Sep-2016

Le fleuve Saint-Laurent porte du nouveau monde

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A Mont-ré-al! Combien de fois ai-je entendu ces trois syllabes détachées à l’annonce de ma destination, marquant à la fois l’étonnement, la considération et la folie du voyageur cycliste. Mais mon rêve est devenu réalité. L’île de Montréal est face à moi de l’autre côté du pont au bout des 7500 km à vélo depuis l’Alaska. Mais le pont est interdit aux cyclistes, j’essuie un orage diluvien et je dois faire face à des distances urbaines insoupçonnées! Il me faut presque une heure pour atteindre l’île Perrot porte d’entrée ouest de la ville et la bienveillance de mon hôtesse qui effectue 50 km en voiture pour me récupérer. Je visite le vieux Montréal le lendemain. Ville des jeux de 1976, le stade Olympique en reste l’emblème. Encore marquée par sa lourde architecture portuaire, ses rues et ses lieux historiques fleurent bon les noms français et se vouent à tous les saints. Nous sommes dans la province de Québec. Tout semble différent du reste du pays, comme si je remontais au temps de la colonie française où tout a commencé. On ne parle plus l’Anglais mais le franco-canadien. Les gens d’ici sont chaleureux et veillent par mille attentions à ce que leurs hôtes soient les bienvenus.

Je décide de remonter le fleuve par la route de la côte nord et de me rendre jusqu’à l’embouchure de son estuaire à Baie-Comeau pour revenir avec un « traversier » -ferry- sur sa rive sud.

Je roule sur le « Chemin du Roi », voie de communication construite entre Montréal et Québec en 1737 par les acadiens sur les ordres de Louis XV. La petite route déambule de village en village et musarde le long des golfs sur les berges tranquilles du fleuve jusqu’à Québec. Chaque lieux, chaque maison ancienne y sont identifiés par des panneaux d’informations. C’est aussi une façon de conserver ancrées dans le cœur des québécois leurs racines avec la France. Marinas et campings occupent une place estivale dans le moindre replis du fleuve. A Saint-Anne de la Pérade on pratique culturellement la pêche aux poissons des « c’henaux » dans des cabanes sur glace l’hiver. Les villages rassemblent autour de leurs églises en magnificences des maisons en bois de style québécois aux couleurs vives dont les toits accueillent deux ou trois « lucarnes » -chiens assis- et un « balcon » -terrasse- de style colonial. Je traverse Charlesbourg fondé par Jacques Cartier en 1541 à l’embouchure de la rivière Cap rouge. Il avait remarqué en ce lieu « une herbe de pâturage jamais vue en France auparavant ». Tout près, Québec, fondée par Samuel de Champlain en 1606, fut la place forte de la région. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1985. Il fait bon y vivre et la basse ville, petit village dans la ville, attire une foule de touristes. Curieusement l’avenir anglophone du Canada s’est joué hors des fortifications sur les plaines d’Abraham en 1759. La mort de Montcalm et de Wolfe entraîna la réédition de la ville et un an plus tard celle de Montréal. Plus loin, la région de Charlevoix, bastide de grès naturelle défendue par des côtes à pic, a raison de mon physique. A Tadoussac, la jonction du fjord Saguenay et du Saint-Laurent est un lieu prisé par de nombreuses espèces de baleines et de phoques. Je m’embarque sur un zodiac pour en être le témoin privilégié. Plus haut vers le nord une lumière tamisée de brume enveloppe le fleuve de son écharpe. La nuit vient, je suis au terme de mon long parcours. Le temps du bilan est venu, mais c’est une autre histoire…

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